Villiers-Sous-Grez Attentat à Charlie Hebdo : Frédéric Boisseau, la première victime des terroristes, était de Seine-et-Marne

Frédéric Boisseau, natif de Recloses et habitant de Villiers-sous-Grez, est le premier à être tombé sous les balles lors de l'attaque contre les locaux de Charlie Hebdo mercredi.

09/01/2015 à 20:26 par Nicolas FILLON

Frédéric Boisseau, première victime des terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo mercredi, avait 42 ans.
Frédéric Boisseau, première victime des terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo mercredi, avait 42 ans.

C’est dans un communiqué publié ce jeudi 8 janvier que Vincent Éblé, le président du conseil général, a annoncé que Frédéric Boisseau, l’agent de maintenance qui a été tué dans l’attentat commis à Charlie Hebdo, la veille, était originaire de Seine-et-Marne. “Je veux témoigner ici de toute ma compassion pour son épouse, ses enfants, sa famille et ses proches, écrit le sénateur (PS). Je leur présente mes condoléances et au nom de tous les Seine-et-Marnais, leur adresse un message de sympathie et d’affection dans l’effroyable douleur qui les frappe. Je sais que la nation toute entière partage notre effroi, que nous attendons tous que les auteurs de cet acte barbare soient stoppés dans leur cavale. Tous les services de l’Etat sont mobilisés dans ce sens, chacun l’a bien compris. Les services du Département sont bien entendus à la disposition de la famille, si elle le souhaite.”

Employé depuis 15 ans de l’entreprise Sodexo via la Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP) – cliente du leader mondial aux entreprises -, marié et père de deux enfants de 11 et 13 ans, Frédéric Boisseau se trouvait à l’accueil de Charlie Hebdo, où il se rendait pour la première fois, lorsqu’il a été abattu par les terroristes. Il est la première victime de l’attentat. Natif de Recloses, il était venu s’installer à Villiers-sous-Grez il y a moins huit ans. “C’était quelqu’un qui était extrêmement estimé et apprécié au niveau de sa gentillesse et de sa disponibilité, témoigne Yves Lechevallier, le maire (SE) de Villiers-sous-Grez. Lorsque j’ai dû annoncer la nouvelle à mes habitants, c’était l’effondrement. Et c’est la même chose pour Recloses, d’où est originaire sa famille. Les deux villages sont traumatisés.”

“Un exemple pour tous”

À la section de krav-maga de l’Entente Sportive de la Fôret (ESF) de La Chapelle-la-Reine dont il était l’un des piliers, c’est la consternation. Philippe Hubert, qui dispense les cours de cette méthode d’auto-défense, était, en plus d’un mentor, son ami. “Frédéric et son frère s’étaient inscrits au krav-maga dès que j’ai monté sur pied la section, témoigne ce major dans la police nationale. Frédéric était un leader positif dans le groupe. Une force de la nature, 1m80 pour presque 110 kg. Un physique de rugbymen. Et très assidu avec ça. Un exemple pour tous, un plaisir pour un professeur comme moi. Il était ceinture verte, à trois marches de la ceinture noire. Il y a quelques années, il m’avait remercié pour mon enseignement du krav-maga. Il m’expliquait que grâce à ses compétences en auto-défense, il avait pu se défendre face à deux individus qui étaient venu piller son camion d’entretien. Il avait réussi à en mettre un en fuite, et à attraper l’autre pour le remettre aux forces de l’ordre. C’est dire à quel point il était courageux.”

Frédéric Boisseau (à g.) était un des piliers de la section krav-maga de l'Entente Sportive de la Forêt.
Frédéric Boisseau (à g.) était l'un des piliers de la section krav-maga de l'Entente Sportive de la Forêt.

“Hors du tatami, il était toujours prêt à rendre service et ne comptait pas de son temps pour en consacrer aux autres, poursuit Philippe Hubert. Pour le club, il ne s’arrêtait jamais. Il nous aidait beaucoup lors d’événements sportifs ou de sorties, en s’occupant de la sécurité et de l’intendance ou en prêtant du matériel, des véhicules, toujours de manière bénévole. En dehors du club, c’était un type en or. Une fois, il m’a prêté un échafaudage pendant deux mois pour la réfection de ma maison et est même venu m’aider. C’était quelqu’un qui vivait à 100 à l’heure, et dont la vie avait du sens que s’il faisait le bien pour son entourage. Ce qui comptait pour lui, c’était la famille, et les copains. Sa disparation m’attriste profondément.”

“Il était adorable, vraiment cool”

Basile Leroy est également sous le choc. Habitant de Villiers-sous-Grez, ce professeur de tennis à l’ESF a donné des cours au plus âgé des fils de Frédéric Boisseau il y de ça trois ans, à La Chapelle-la-Reine. “Tous les samedis soirs, Frédéric venait assister aux cours de son gamin, accompagné du petit frère, raconte le jeune homme de 28 ans. Il était adorable, vraiment cool. Et toujours prêt à rendre service. Un jour, il m’a même dépanné de l’essence alors que ma voiture était tombée en rade. Ce qui lui est arrivé est horrible. Aujourd’hui (jeudi), sur les cinq élèves que j’ai eu à mon cours, quatre étaient dans la classe d’un des enfants de Frédéric. Ils avaient des cernes sous les yeux, étaient effondrés. C’est vraiment hallucinant et très choquant de savoir qu’il ne sera plus parmi nous. Il tournait sur une demi douzaine différents dans Paris avec Sodexo. Et il a fallu que ce mercredi, il se trouve à Charlie Hebdo. Au mauvais endroit, au mauvais moment, juste pour faire son boulot d’agent d’entretien…”

Un hommage sera rendu à Frédéric Boisseau ce samedi après-midi devant le monuments aux morts de Recloses et Villiers-sous-Grez, respectivement à 14h30 et 15h30. Lundi, les élus du conseil général observeront une minute de silence à sa mémoire en commission permanente, à 10h30, comme l’avait fait jeudi Sodexo et l’ensemble de ses 420 000 collaborateurs présents dans 80 pays. L’entreprise a également ouvert un compte intitulé “Sodexo: Nous sommes Frédéric”, destiné à recueillir les dons de soutien à la famille du Villaron. Sodexo y contribuera dans une proportion égale à la totalité du montant recueilli.

Villiers-Sous-Grez, 77

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